samedi 31 mars 2012

QU ' EST CE QUE C ' EST BOROBODUR !


















Q ' EST CE QUE C ' EST BOROBODUR !



Quand nous l' apercevons depuis une colline des environs , pyramide sombre au coeur d' un halo de verdure , cerné de montagnes et volcans , Borobodur nous semble presque fragile et bien petit dans ce paysage majestueux .


Mais le lendemain , au lever du jour lorsque nous nous en approchons et que nous arrivons à ses pieds il nous parait alors imposant , immuable , indestructible . Nous nous sentons minuscules face à ce monument qui nous domine du haut de ses 1200 ans .


Ce temple Bouddhiste unique en son genre , planté sur des bases de 12O mètres de côté , nous fait accéder par ses 8 terrasses successives , au Nirvana après avoir cheminé le long de 5kms de bas reliefs relatant la vie de Bouddha et présentant des scènes de vie de Java il y a plus de 1000 ans .


Témoignage de la grandeur des civilisations anciennes qui ont occupé l'Asie du Sud-Est , Borobodur après Angkor et Bagan achève en beauté nos déambulations dans cette partie du Monde .



Yogyakarka , île de Java , Indonésie , le 1er avril 2012

TRAVAILLER BEAUCOUP POUR GAGNER PEU ;

Ils arpentent pratiquement tous les sites touristiques des pays pauvres , au Cambodge , au Laos , en Birmanie , ou ici en Indonésie . Petits vendeurs à la sauvette , des enfants parfois , cartes postales , souvenirs , boissons , avec des phrases toutes faites dans plusieurs langues , " c' est très joli madame ! ", ils tentent de gagner quelques sous .

Ici à Gedong Songo , cette vieille femme a hissé sur son dos bouteilles et snacks tout en haut du site . Les quelques roupies de plus que nous avons payé pour nos boissons elle les a durement gagnées .



A présent disparus , marginalisés ou folkloriques dans la plupart des pays d' Asie , les ricksaws vélos font encore vraiment partie du paysage urbain dans Java centre où ils s' intègrent parfaitement au trafic . Ainsi les taxis vélos sont très nombreux à Jogjakarta par exemple .


Sillonnant les rues avec son vélo machine à coudre ce jeune homme propose ses services et travaille à la demande sur le trottoir .

Le travail à vélo sur Java se décline sous les formes les plus surprenantes : vélo manège , vélo boutique , vélo restaurant ,...


Une petite fabrique de tofu dans un village près de Borobodur .


Fabrique très artisanale de chips . Etalés au bord de la route avant d' être empaquetés . Saveur gaz d' échappement ?



Les bords de route s' avèrent idéals pour sécher aussi le riz , les poissons , le manioc , ...


La rizière , plant après plant , rang après rang , jusqu' au soleil couchant .


Dans la montagne nombreuses sont les femmes ainsi lourdement chargées , ployant sous leurs ballots d' herbe et de bois mort .




Jogjakarta , île de Bali , Indonésie , le 31 mars 2012

ESCALES DE BATAM A SEMARANG

Transit de trois jours sur l' île de Batam , à Nagoya , dans l' attente du ferry pour Jakarta . Nagoya et son ambiance de ville frontière , grands malls et bars à filles à l' intention des voisins Singapouriens .

Vue depuis notre fenêtre du " grand palace hotel " ( un peu exagéré tout de même le nom ...) : des enfants jouent près du canal d'égouts à ciel ouvert .



Descente du ferry à Jakarta après 40 heures passées à contempler la mer , à observer les passagers , à se laisser observer aussi , à répondre aux sourires et aux " what's your name ?". Deux jours hors du temps .



Curieusement Jakarta , mégapole de près de 20 millions d' habitants n'est pas vraiment affolante à vélo , on a pu traverser la ville depuis le port jusqu'au centre ville , puis s' y balader sur nos deux roues .

Le dimanche sur la place de Kota les Indonésiens louent vélos et chapeaux et s' essayent à la bicyclette dans une ambiance bon enfant .


Sur cette place de Kota les enfants sont très sollicités pour des photos . On profite alors de l' occasion pour nous aussi mémoriser ces moments .



Dans la grande famille des vélos je voudrais le vélo-manège , sur la place de Kota toujours .


Toujours au même endroit la marchande de fruit , à vélo bien entendu .




Dans le quartier de Jalan Jaksa où nous logeons à Jakarta , on se croirait presque dans un village .


Après trois jours agréables passés à Jakarta nous avons pris le train pour Semarang , le second ferry que nous devions prendre ayant été reporté à cause du mauvais temps . Nous avons échangé les orages tropicaux de Malaisie pour la mousson équatoriale de Java , nous gagnons au change la température est beaucoup plus agréable ici .


Cet apercu de la capitale et la visite de l' intéressant musée national nous ont donné envie de découvrir la vie de l' île et les sites archéologiques du centre de Java .


C' est donc à Semarang que débute notre petit trip vélo dans le centre de Java , cap sur Borobodur bien évidemment .




Jogjakarta , île de Java , Indonésie , le 31 mars 2012

mardi 13 mars 2012

MALAISIE SUITE ET FIN

Depuis l' état de Perlis tout au nord , sultanat après sultanat nous sommes arrivés 1400 kms plus loin à Johor Bahru , capitale de l' état de Johor , tout au sud . Johor Bahru où s' était achevé notre précédent pédalage sur la cote est de la Malaisie l' année passée .


Notre trajet longe la cote au plus près , mais contrairement à notre parcours sur la cote est nous avons cette fois très peu vu et profité de la mer .


Sur cette cote ouest , très urbanisée , nous avons (trop) souvent séjourné en ville , pédalé en ville et visité des villes , bien loin du trip nature vécu sur la cote est . Les voyages se suivent et ne se ressemblent pas .


Chérie , j' ai rétréci les gosses .



C' est à travers les rares mangroves préservées sur la cote ouest qu' il nous a été le plus agréable de pédaler .





Les gigantesques plantations de palmiers à huile font désormais partie du paysage .





Pendant que ce macaque s' échine à décrocher les noix de coco , son maitre attend tranquillement au pied de l' arbre , enfin un peu à coté , que les fruits lui tombent du ciel .





Si nous avons pour près de la moitié du parcours réussi à trouver des déviantes sympas , le trafic est tel sur la route principale que les kilomètres y paraissent trois fois plus long .





Ces magnifiques édifices , très nombreux en Malaisie , égaient souvent nos parcours en campagne , principalement dans les plantations de palmiers . Même lorsque nous ne les apercevons pas nous les "entendons" puisque des hauts parleurs diffusent des chants d' oiseaux à l' attention non pas des touristes à vélo ou autres pigeons mais des martinets afin de les attirer à l'intérieur pour y construire leurs précieux nids . Ces nids dont on fait la fameuse soupe au nids d' hirondelles peuvent se vendre jusqu'à 500 € le kilo pour la meilleure qualité . C' est un met très prisé des chinois à cause des vertus prêtées à la salive de certaines espèces de martinets .









Cette flèche verte décore les plafonds de quasiment toutes nos chambres d'hôtels en Malaisie , non ce n'est pas la sortie de secours , ou alors de manière indirecte , car c'est la direction de La Mecque vers laquelle les musulmans se tournent pour prier .





A Johor Bahru nous avons pris un ferry pour l' île indonésienne de Batam , près de Singapour , Batam l' une des 18306 îles que compte l' Indonésie . Nous y sommes en transit , demain nous prendrons un ferry d'au moins trente heures pour Jakarta , puis le jour suivant un autre d' une vingtaine d' heures pour Semarang , toujours sur l' île de Java . Java plutôt que Sumatra , après pas mal d' hésitations .



Ile de Batam , Indonésie , le 13 mars 2012

dimanche 4 mars 2012

LA COMPLAINTE DU PHOQUE EN MALAISIE

Georgetown , longtemps surnommé " la perle de l' Orient" . On a beaucoup aimé cette ville riche en vestiges coloniaux .


Ici maison musée dédiée à la culture Baba-Nonya née des mariages entre chinois et malaises au 19ème siècle .


Un des nombreux temples chinois de Georgetown . L'état de Penang , où les chinois sont majoritaires est le seul état malaisien dirigé par un chinois .





Près de Kuala Lumpur , les " Batu Caves" , ensemble de grottes gigantesques abritent des temples hindous .




Dans l' une des grottes des sculptures en béton peintes de couleurs vives retracent l'épopée du Ramayana . Délicieusement kitch , on adore !





Aux "Batu Caves" , les pélerins hindous côtoient les touristes venus du monde entier et de très nombreux singes à l' affut des offrandes , tout ça dans une ambiance très bon enfant .




Les ex "plus hautes tours du monde" , les tours Petronas , qui ne sont plus à présent que les "plus hautes tours jumelles du monde ", Dubaï a fait mieux ...




La mosquée d'état de Shah Alam a elle eu pour un temps les plus hauts minarets du monde , elle vient d' être détronée par le Pakistan . La compétition dans le gigantisme est impitoyable ...





A Kuala Lumpur , capitale fédérale les vestiges coloniaux côtoient des édifices modernes , immenses tours le plus souvent vouées à la consommation .





L'emblème de Melaka , l'église portugaise datant de 1753 . A mi-chemin entre l'Inde et la Chine le port de Melaka a de tout temps attiré la convoitise . Ainsi cette ville fut successivement aux mains des portugais , des hollandais puis des anglais .



Ricksaw vélo spécial touristes à Melaka . Les nombreux visiteurs asiatiques adorent .



LA COMPLAINTE DU PHOQUE EN MALAISIE






"Very hot ! " me dit l'automobiliste en baissant sa vitre .


"Very,very hot !" que je lui répond en épongeant la sueur qui dégouline sur mon visage .


La sensation que la cocotte minute va exploser atteint son paroxysme dans les cotes ou bien quand on met pied à terre en plein soleil aux trop nombreux feux rouges et qu' alors on n'a plus aucun souffle d'air .


Il fait chaud , j' ai trop chaud , j'étouffe , la sueur imprègne mes vêtements et cette chaleur finit par devenir une obsession . Au plus frais , de bon matin , lorqu'il fait pourtant plus de 25°, on respire , on a une sensation de fraicheur . Puis très vite l'air chargé d'humidité se réchauffe , c'est l'étuve .


Alors , quand le tonnerre gronde , que le ciel s'obscurcit et que de grosses gouttes d'eau viennent s'écraser sur le bitume on est presque soulagé , mais c'est vite le déluge , des trombes d'eau s'abattent . C'est la délivrance ou bien l'affolement selon que l'on soit à l'abri sous un toit ou bien à vélo sur la route . Les orages tropicaux imprévisibles et violents sont heureusement la plupart du temps de courte durée . Depuis plus d'un mois chaleur et orages jouent avec nos nerfs .


Seconde source de désagréments , eh oui parfois on grogne , la circulation !


Depuis Trang en Thaïlande on cherche à échapper au trafic souvent infernal dés que cela s'avère possible , mais c'est inexorable dans un pays développé et tout voiture comme la Malaisie , on revient toujours sur des axes où l'on a pas notre place , parfois même sur des 4 voies . La cote ouest n'est pas forcément le meilleur endroit pour pédaler en Malaisie , trop de grosses villes et d' industries .


Heureusement les Malaisiens sont chaleureux et la cote ouest est touristiquement intéressante avec notamment deux très belles villes coloniales , Georgetown et Melaka et diverses "attractions' et surprises tout au long du parcours .


Et surtout la Malaisie est fascinante pour ses contrastes et sa diversité de cultures , ici on se sent tantôt en Inde , parfois en Chine , et assurément en terre d' Islam . Difficile d' imaginer dans ce pays les discussions qui ont cours chez nous au sujet de l'identité nationale . Etre malaisien c'est être tamil , être malais , être chinois ,etc , c'est un curieux melting pot où chacun apporte son grain au moulin . Le pouvoir politique est plutôt aux mains des malais , le pouvoir économique chez les dynamiques et pragmatiques chinois ...Chacun tout en étant lui même s'enrichit des apports de ses voisins , ainsi beaucoup de malaisiens parlent plusieurs langues . Munusamy , le cyclo-voyageurs malaisien parle tamil à la maison , hokkien avec les chinois , malais avec les malais et anglais avec nous . Des identités très différentes et très fortes qui vivent côte à côte , travaillent ensembles et brandissent un même drapeau dans un pays où il y a des jours fériés pour noel , pour le nouvel an chinois , pour thaïpusam ou pour la naissance du prophète .


Et vu depuis nos vélos ça a l' air de bien fonctionner.

Melaka , Malaisie le 5 mars 2012

jeudi 23 février 2012

UN PETIT VELO DANS LA TETE

En balade dans les environs de Nibong Tebal en compagnie de Munusamy .


Munusamy , alias David devant l' arc de triomphe en 2009 .




Borhanuddin croisé dans une rue de Lumut , en Malaisie .







L'avant du vélo customisé de Borhanuddin .




François et Renaud à Trang en Thaïlande .







Pour échapper ne serait ce que quelques kilomètres au trafic infernal sur les routes de la côte ouest de la Malaisie on cherche et parfois on trouve des chemins où l' on a peu de chances de croiser des voitures . Ce jour là on a même réussi à se faire presque la journée complète ainsi , mais c'est trop rare .

UN PETIT VELO DANS LA TETE




On a tous en commun un petit vélo dans la tête et une envie d'aller y voir ailleurs .



Cyclos-voyageurs occasionnels ou cyclos-voyageurs dans l' âme nous promenons nos vélos à travers le monde comme un second passeport .



On pédale avec ses jambes quand c'est facile , on fait travailler sa volonté quand c'est plus dur .



On se croise sur la route , on se repère en ville , sacoche de guidon en bandoulière ou vélo garé dans un hall d' hôtel .



On échange infos , impressions , anecdotes , bons plans , parfois on se retrouve , parfois on garde contact .




Avec David c' est une autre histoire , il est une exception dans le monde des cyclos-voyageurs . D' abord il est Malaisien , un pays où les cyclos-voyageurs sont peu nombreux . Son petit vélo dans la tête il l' a attrapé à 53 ans , le jour ou son médecin lui a conseillé un peu d' exercice pour lutter contre son diabète . Il s'est alors acheté un vélo , lui qui n'en avait jamais fait . Les occidentaux traversant son pays à vélo l' ont intrigué , il les a invités à passer chez lui , s' en est inspiré et s'est lancé à l'aventure lui qui n' avait jamais quitté la Malaisie . L' électricien du village a alors confié sa femme et les plus jeunes de ses huit enfants à l'aîné de la famille pour partir pédaler en Thaïlande . Ce fût la révélation , d' autres voyages ont suivis , l' Indonésie , le Laos , Cambodge , Vietnam , Chine ... Puis il s' est aventuré en Inde , au Tamil Nadu d' où ses parents avaient émigré vers la Malaisie alors colonie Anglaise .



Le virus ne l'a plus lâché , avec l' arrivée de la retraite son envie d' aller y voir ailleurs l' a conduit en Europe et aux Etats-Unis .



Chez David nous avons regardé ses photos de France , notre vieux pays , aux travers des yeux d' un Hindou Malaisien : villages pittoresques , églises , Christ , les gens qui l' ont accueillis , lui avec son vélo et son barda sur nos routes de campagne ou posant devant l'arc de triomphe , son accueil par l' ambassadeur de Malaisie à Paris , comme un héros , quelle aventure !



Quand il n'est pas sur la route David accueille toujours chaleureusement les cyclos-voyageurs de passage , c'est ainsi que nous l'avons rencontré .



David ce n'est pas son vrai nom , c'est le "pseudo" qu'il s'est choisi , sans doute plus facile à retenir que Munusamy . Il a aussi crée un petit business en lien avec le tourisme .



Le blog sur son voyage en France :







Borhanuddin , alias " James Boan " , sans doute fan de " James Bond " , Malaisien également , fait lui le tour de son état , le Perak , à vélo . Sur la route on ne peut pas rater ce sympathique papy , avec sa bicyclette customisée , son casque de mobylette tapissé d' autocollants , assurément le plus singulier de tous les cyclos rencontrés dans ce périple . Et pour preuve que le vélo est un super passeport , on s' est retrouvés ensembles autour d' un curry de fruits de mer , invités à un anniversaire , en passant par hasard sur la route devant cette fête .




Repensant à James Bond , nous reviennent à l'esprit ces cyclos croisés dans le sud Thaïlande , couple de "yuppies" Londoniens , les mollets déjà gonflés à bloc après deux semaines de pédalage . Huit mois de congé sabbatique pour un projet ne laissant guère de place au hasard , sponsors à l' appui et alibi béton : charity . Sur que les Thaïlandais de Chiang Maï , vers où ils se dirigent , n' attendent qu' eux ... Après nous avoir pris la tête quelques minutes avec leur ego , ils nous ont tendu leur carte de visite avec leur blog et sont repartis sauver le Monde . Ils auraient aussi pu pédaler pour sauver la Planète , c'est un autre créneau vendeur .






Beaucoup plus sympas , et avec pour toute prétention celle de se faire plaisir à vélo , sans vraiment de projet défini , juste des rendez vous avec des potes au Cambodge puis au Vietnam , on a passé un après midi agréable à Trang à causer avec François et Renaud , deux jeunes Belges .







Autre échantillon assez représentatifs des cyclos rencontrés en Asie du sud-est , Hans et Ed sont de jeunes retraités Hollandais bien tranquilles , pourtant ce sont les seuls cyclistes rencontrés en Birmanie .De Mandalay à Bagan nous avons suivi le même itinéraire , ils nous ont gentiment fournis de précieuses infos , car les Hollandais voyagent quasiment tous avec les descriptifs de plusieurs trajets en Asie fournis par une association de leur pays . Dommage ils ne continuaient pas ensuite vers Yangon...




Klang , Malaisie , le 24 février 2012

dimanche 12 février 2012

THAIPUSAM





Plusieurs petits temples provisoires sont installés le long de la procession .



Certains pénitents portent des " kavadis " .



Pour voir ses voeux exaucés on peut offrir sa chevelure au Dieu Muruga ...



... ou bien se faire un "piercing" avec une flèche ...



... flèche à laquelle on peut ajouter quelques crochets plantés dans le dos .



Un comparse compatissant peut vous aider à souffrir un peu plus ...

Oh oui , fais moi mal !



A Georgetown , le retour du Dieu Muruga vers son temple , accompagné du grand prêtre et de ses officiants .



Purification de la route au lait de coco juste avant le passage du chariot sacré .


THAIPUSAM



C' est l' heureux imprévu , toute la magie du voyage , l' exceptionnel qui s' invite dans votre quotidien au moment où vous ne l' attendez pas .

Sungaï Petani aurait dû être une halte avec pour tout attrait son motel type américain en périphérie de ville , pas de quoi faire rêver me direz vous .

Pas très exotique non plus la "visite" du supermarché , quoique ? La caissière indienne ne s' étonne pas de notre présence dans sa ville " you are here for Thaïpusam ? "


Thaïpusam ? La fameuse fête Hindoue ? Notre sang ne fait qu' un tour , nous enfourchons nos montures bravant soleil et circulation pour quelques kilomètres plus loin plonger dans un tout autre décor !


Dans un tintamarre assourdissant de sonos , de clochettes , qui se chevauchent , s' entrecroisent et se mêlent , dans une ambiance de fête foraine , dans un flot de couleurs et d' odeurs de fumées d' encens nous ne savons où donner des yeux : la beauté des saris aux couleurs vives brodés de perles étincelantes portées pour l' occasion par les indiennes , les guirlandes de fleurs , les yeux brillants des enfants devant les stands de friandises , les dévots déposant leurs offrandes dans de petits temples en trompe l'œil où trônent des divinités Hindoues éclairées de jeux de lumière psychédéliques ...


Et évidemment le rite le plus spectaculaire et le plus surprenant pour nous autres , la procession des "pénitents" qui s' infligent ce qui nous apparait comme de véritables tortures : crochets plantés dans le dos , joues transpercées de flèche tout cela avec un tel détachement que ces scènes , dans l' euphorie et la religiosité ambiante ne nous choquent finalement pas .


Le lendemain nous arrivons à Georgetown et suivons dans la soirée une procession plus soft , la fin de Thaïpusam avec le retour du Dieu Muruga dans son chariot d' argent tiré par deux boeufs vers son temple en centre ville . Nous parcourons les 5 kilomètres en compagnie des fidèles , trouvant dans cette procession la même ferveur qui anime les latinos-américains lorsqu' ils sortent leurs saints .


Tout le chemin est jalonné de petits temples , de stands avec distribution de repas , boissons et friandises offertes à tous . Les tonnes de noix de coco entassées sur le bord de la route le long du parcours ne sont pas là elles pour être consommées par le commun des mortels . Les Chinois qui participent eux aussi à la fête les brisent énergiquement sur la route pour ainsi la purifier avec le lait de coco avant le passage du char sacré . Et facultativement sans doute , vu l' ardeur qu' ils y mettent , également pour se défouler ...


Aussi nous avons donc ce soir là cheminé sur la voie lactée . Magique , non ?


Georgetown , Malaisie , le 13 février 2012