jeudi 9 février 2012

MALAISIE , COTE OUEST .

La mosquée d' Alor Setar , capitale de l' état du Kedah .












Faut il se fier au hasard ?


Poliklinik , kafe , restoran , komplex aquatik , kolej , komputer , farmasi , tekstil .... Retrouver son alphabet facilite déjà la compréhension d' une langue , alors quand cette langue s' est enrichie de mots tout droit sortis de notre vocabulaire , on a carrément l' impression d' être intelligent !


L' état du Kedah est le grenier à riz de la Malaisie . La moisson est terminée , il faudra attendre pour pédaler au milieu de vertes rizières .



MALAISIE , COTE OUEST



Beaucoup de plaisir à retrouver la Malaisie et les Malaisiens , côté ouest cette fois , le long de la mer d' Adaman .



Passé la frontière à bord d' un rafiot , une heure pour nous dégouter à tout jamais de ce genre d' embarcation .



Levés dés l' aube , à l ' appel du Muezzin pour éviter en partie la chaleur suffocante qui sévit à partir de 11 heures nous avons traversé l' état du Perlis , puis le Kedah sur de petites routes et sentiers le long de la mer , génial , et beaucoup apprécié la chaleur et le contact facile des Malaisiens .



Une courte traversée en ferry plus loin et nous voici sur l' île de Penang , à Georgetown , appelée autrefois " la perle de l' Orient " .




Georgetown , Penang , Malaisie , le 10 février 2012

dimanche 29 janvier 2012

KO MUK






























Ce n’est pas l’île sauvage à la Robinson , mais on est quand même bien loin de l’ambiance survoltée de certaines îles Thaïes ; sur Ko Muk pas de full moon party , pas de cocktails détonnants , pas de bars à filles , pas de plages bondées .
Certains la diraient donc mortelle d’ ennui , pour nous c’ était l’ endroit idéal pour le fin de convalescence d’ Eva.


On y accède depuis le continent en ferry . A bord quelques passagers et beaucoup de marchandises , sacs de ciment , de riz , caisses de provisions , glacières , fruits …
Courte traversée d’ une demi heure sur une mer hérissée de pitons et îlots karstiques . On débarque dans le village de cette petite île , maisons de pêcheurs sur pilotis , modeste mosquée , pas de voitures , juste quelques sentiers en partie bétonnés empruntés par des deux roues et quelques motos taxis qui relient le village aux deux plages principales .


Quand on s’aventure sur les hauteurs de l’île à travers la forêt tropicale sur les sentiers des plantations d’ hévéas on découvre alors un habitat dispersé de cahutes de bois rudimentaires près desquelles sèchent , étendues comme des torchons sur un fil à linge des galettes de latex . Au hasard des sentiers on peut rejoindre une ou deux plages désertes car difficiles d‘ accès .


En bateau , longeant les falaises de l’ île , on accède à la grotte d’ émeraude utilisée autrefois par les pirates pour cacher leurs trésors .Traversant un tunnel de 80 mètres de long à la nage , dans l’ obscurité , on débouche sur une petite plage cernée de hautes falaises . Avec le snorkeling c ’est bien sur le moment qu’a préféré Manuel .


Sur Hat Farang et Hat Sivalaï, deux plages de rêve selon nos critères occidentaux , sable fin et cocotiers , les touristes étrangers se dorent au soleil . Pas de touristes Thaïs sur ces plages ni d’ habitants de l’ île , les gamins du village se baignent près des mangroves sur une plage boueuse . Cela nous fait regretter les plages du continent , certes moins belles , mais si vivantes et colorées ou les Thaïs se baignent en tee-shirt et n’ exposent pas eux leurs corps au soleil sur la plage .
D’ un côté des visages pâles se font rôtir au soleil , de l’ autre des Thaïs essaient de garder leur peau la plus blanche possible …


Langu , Thaïlande , le 31 janvier 2012
  

dimanche 22 janvier 2012

VISA RUN





Ce matin , dans Trang , 10000 moines ont parcouru l'artère principale de cette petite ville où les fidèles les attendaient pour une cérémonie d' offrandes .




VISA RUN



Hier nous avons passé dix minutes en Malaisie .

Quittant la Thaïlande au minuscule poste frontière de Khuan Don nous rentrons vingt mètres plus loin en Malaisie , remplissons la carte d' entrée avant de faire tamponner nos passeports . De ce côté de la frontière nous avons le droit de séjourner 90 jours dans le pays , c' est largement trop pour cette fois ...

Nos quatre passeports récupérés nous passons de l' autre côté de la guérite de douane et tendons nos passeports a un autre douanier qui officialise lui notre ... sortie de Malaisie .

Nous pouvons alors rentrer de nouveau en Thaïlande où l' on nous octroie 15 jours de séjour .

Tout comme nous de nombreux occidentaux en fin de visa défilent à cette frontière pour pouvoir prolonger leur séjour en Thaïlande , et de ce fait deux douaniers Malaisiens passent leurs journées à compléter des formulaires d' entrée puis de sortie du pays pour des touristes qui ne visiteront jamais leur pays . Cette pratique a son nom , le " visa run " . C' est peut être ubuesque , mais finalement plus humain que Schengen ...


Depuis le début de ce voyage des dates buttoir rythment nos allées et venues .

Quittant la France sans aucun visa nous bénéficions à notre arrivée à l'aéroport de Bangkok de 30 jours de séjour en Thaïlande . Nous faisons alors coïncider notre vol vers Yangon avec ce trentième jour , mais devons revenir sur Bangkok quelques jours auparavant , le temps d' obtenir à l' ambassade Birmane un visa de 28 jours , moyennant 20€ chacun .

Quatre semaines plus tard nous revoilà dans l' aéroport de Bangkok avec 30 nouveaux jours de crédit pour le Royaume de Siam ..

Nous commençons à grignoter quelques précieux jours entr' autre dans l' attente d'un visa Indonésien de deux mois pour 45$ par passeport .

Nous repartons donc trop tard de Bangkok sachant qu'il sera difficile de pédaler le sud Thaïlande dans le temps qui nous reste , mais c' est jouable sans bâtons dans les roues ( en vélo ça avance moins vite ...). La maladie d' Eva a finalement eu raison de nos velléités de pédalage , mais on espère bien pouvoir tracer une ligne continue sur la carte depuis Trang jusqu' à Sumatra .

Demain c'est le nouvel an Chinois , l' année du dragon , alors , bonne année à tous !



Trang , Thaïlande , le 22 janvier 2012

samedi 14 janvier 2012

ALLO , ASSURANCETOURIX ?

Dans le centre de Phuket .


Phuket , maisons de style Sino- Portugais .



A Phuket y'a d'l 'ananas !



Il y a aussi des touristes romantiques sur Phuket !



Le voyage c'est souvent super ...



... mais pas toujours .



Cette clinique là c' était pour Manuel , enfin , pour ses chaussures .



ALLO , ASSURANCETOURIX ?






Il ne faut jamais dire jamais !


Pourtant , nous aurions facilement pu dire que jamais nous n' irions à Phuket , cette Mecque du tourisme balnéaire , tourisme sexuel compris .


Or , de fâcheux contretemps en contretemps fâcheux , c' est bien depuis Phuket que nous écrivons .


Après quelques jours de pédalage sous la pluie sur la côte est nous arrivons à Chumphon avec Eva toussant de plus en plus , de façon inquiétante . C 'est là qu' elle a passé 3 jours à l' hôpital , sous perfusion , suite à une journée de fièvre à 40 ° et des vomissements immédiats dés qu' elle essayait de boire ou d' avaler un médicament .


Après un premier diagnostic de pneumonie dans l' hôpital public de cette petite ville où elle aurait du séjourner dans une chambre commune avec une vingtaine de malades , le diagnostic de l' hôpital privé où elle a pu avoir une chambre individuelle nous convient mieux : infection alimentaire plus bronchite . En espérant qu' il soit exact ... En tout cas , Eva , toujours sous antibiotiques , va beaucoup mieux .


Mais pour prévenir toute rechute nous avons préféré prendre un bus pour Phuket , la ville du sud Thaïlande qui possède les meilleurs hôpitaux , au cas ou . C' est d' ailleurs là que notre assurance a failli rapatrier Eva lors du diagnostic de pneumonie .


Et l' on frémit à l' idée que ça aurait pu arriver dans la petite ville de Birmanie où nous avions été "assignés à résidence" pour la nuit ...


Nous voila donc à Phuket depuis 3 jours et le centre ville possède , contrairement à la plupart des villes de Thaïlande , une jolie architecture du début du 20 ème siècle de style dit "sino-portugais" . Les touristes n' y sont finalement pas si nombreux ( ils résident sur les plages de l'île ) et la vie plutôt agréable pour une convalescence , bons restaurants , musées , galeries d'art , aquarium ...


Si nous réussissons à régler notre problème de visa qui se termine dans une semaine , nous aimerions reprendre à pédaler dans quelques jours en direction de la Malaisie . Mais il ne faut pas mettre la 3ème roue devant le vélo ...




Phuket , Thaïlande , le 14 janvier 2012

vendredi 30 décembre 2011

LES FAUX EPOUX CYCLOTOURIX














C'est sur le Myanmar est un pays qui nous aura marqué .

Il y a la Birmanie touristique , celle qui fait que l' on y vient pour voir la Paya Shwedagon , Mandalay , les temples de Bagan , et c' est effectivement très beau .

Il y a dés l' arrivée à Yangon cette sensation de se retrouver " ailleurs " , qu' il va falloir faire avec , que l' on sera étonné , dérangé , bousculé , mais aussi ébloui , subjugué , fasciné .

Il y a la vie rurale , le village , le puits , le travail des champs , un véritable voyage dans le temps , comme autrefois du temps de nos parents et grands parents .

Mais quand on repensera à ce voyage au Myanmar , on se souviendra des jours passés loin des lieux touristiques , là où l' étranger est forcément suspect aux yeux de la police ; de la paranoïa hallucinante des services de la police secrète à notre égard , mobilisant tant de moyens et de personnel pour surveiller une simple petite famille qui plus est si peu mobile .

On sourit quand on repense à l' escorte à laquelle on a eu le droit pendant plusieurs kilomètres le dernier jour : 4 policiers en uniformes , à mobylettes , 2 devant , 2 derrière , formant un rectangle autour de nous .

Traverser à vélo des pays au régime fort on a déjà donné , de la Libye de Kadhafi à l' Iran , en passant par la Syrie , mais pas de doute la junte Birmane est la plus forte , la plus délirante , et surtout la plus indigne avec son peuple qu' elle a enfermé depuis 60 ans dans la misère et le dénuement .

Ce peuple attachant et charmant mérite beaucoup mieux !



Bangkok , Thaïlande , le 31 décembre 2011

SUR LA ROUTE AU MYANMAR























Pont en teck de plus de 2 kms de long , près de Mandalay .



SUR LA ROUTE AU MYANMAR


Si les routes birmanes sont en fort mauvais état c'est quand même le plus souvent fort plaisant d'y circuler à vélo . Très peu de circulation , routes ombragées , bordées de vieux banyans , tamariniers , palmiers à sucre , de paisibles villages , une vie rurale absolument fascinante .

Et surtout un peuple content de nous voir , souriant , de beaux visages juchés sur des charrettes de paille de riz , des femmes au port altier transportant sur la tête de lourds fardeaux , des gamins se rendant à pied à l' école , par petits groupes , sur parfois plusieurs kilomètres , sac en bandoulière et cantine à la main , des vendeurs de bord de route qui proposent dans des bouteilles en plastique de l' essence au marché noir ...



Bangkok , Thaïlande , le 31 décembre 2011

jeudi 29 décembre 2011

POULET A LA BIRMANE

De Mandalay jusqu'à Yangon nous avons pédalé 1350 kms au Myanmar . Nous nous doutions qu'il ne serait pas simple de voyager en vélo dans ce pays , et ce ne le fût effectivement pas .


Dans un premier temps , de Mandalay à Bagan , puis de Bagan à Ma-gway nous avons pu tenir compte des villes où les étrangers sont autorisés à se loger , au prix entr' autre de trois grosses étapes de 120 kms .


Mais cela devint vraiment très compliqué de Ma-gway à Yangon , près de 700 kms avec au milieu une seule ville , Pyay , où les étrangers sont autorisés à séjourner . Le camping est bien entendu interdit , et impossible de passer outre vu la surveillance dont nous avons fait l'objet .L' hébergement chez l' habitant , également interdit aurait été trop dangereux pour les gens qui auraient accepté de nous accueillir . Nous avons donc du à quatre reprises obtenir la permission de la police pour passer la nuit dans de petites villes où nous n' étions visiblement pas les bienvenus pour ce qui est des autorités , avec de longues étapes de 8-10 heures par jour , dont une de 127 kms qui restera nous l'espérons notre record de pédalage en famille .
 
 



Eva sur sa troisième roue , et Manuel sur son propre vélo ont fait preuve d’une résistance exceptionnelle pour pouvoir ainsi pédaler le plus souvent entre 8 et 10 heures par jour sur des routes en très mauvais état . Jamais ils ne se sont plaint de conditions on ne peut plus difficiles .





La route est parfois très étroite , il y a heureusement très peu de circulation sur ce qui est pourtant la seconde route du pays .




Les « rapiéceurs de route » . La route numéro 2 est le plus souvent dans un état inimaginable , et régulièrement en travaux . Mais ici , pas de machines , tout est fait à la main . C’est un véritable travail de forçat que de casser ainsi les pierres à la masse , de faire bouillir le goudron dans de grands bidons …
Dans le même genre nous avons vu une tranchée creusée à la pioche sur une centaine de kilomètres !

L' Irrawady que nous avons suivi , mais très peu vu .









Sur le ferry traversant l' Irrawady à Pakkoku , en attendant la mise en service du pont flambant neuf .


La Birmanie est un des rares pays où nos vieux vélos font envie ...


Les camions bus , surchargés , ne sont parfois guère plus rapides que nous tant ils font de haltes .





Le midi nous mangeons dans les petites gargotes des arrêts de bus .


POULET A LA BIRMANE



Ce soir là nous rentrons relativement tôt dans Taungdwingyi , la petite ville où nous avons prévu de dormir . Notre entrée ne passe apparemment pas inaperçue puisque nous sommes rapidement stoppés par une moto avec deux policiers en uniforme ( c'est rare ). Passeports ? Ils examinent nos 4 passeports sous toutes les coutures et passent des coups de fil pendant que nous restons là plantés sur le bord de la route . Puis arrive Jacky Chan et tout son staff à mobylettes . Jacky Chan , enfin plutôt son sosie , se présente : numéro 2 de l' immigration pour le district .


Tandis que les uniformes disparaissent avec nos passeports , l' équipe de Jacky Chan nous prend en main . Nous faisons part de notre intention de passer la nuit dans la ville , ils nous font savoir qu'il n'y a pas de lieu pour recevoir les étrangers ici , mais qu' ils peuvent nous arranger un transport pour nous envoyer à Pyay . Nous insistons pour dormir dans la ville , dans une école ou un monastère , nous sommes trop fatigués .


La nuit commence à tomber , et la solution tarde à venir . On suit Jacky Chan jusqu' à une maison de thé où il cherche à priori en vain à joindre par téléphone le grand chef de l' immigration . Après un interrogatoire plutôt cordial , il nous dit que l'on va finalement pouvoir dormir dans un hôtel . Nous le suivons alors à travers la ville sans éclairage ( coupure de courant pour deux jours ) guidés par la lumière de sa mobylette , tachant d' éviter les nids de poules .


Nous passerons la nuit dans ce petit hôtel , avec interdiction d'en sortir avant demain matin prévient Jacky Chan , et dans la chambre d'à côté un policier va "veiller" sur nous pendant la nuit ...Nous l'entendons d'ailleurs à plusieurs reprises parler dans son talkie-walkie et l' imaginons : "oui chef , je les ai bien à l' œil , je sais qu'ils sont dangereux !"


Au matin Jacky Chan est là pour vérifier que l' on repart de l'hôtel et nous salue d'un "see you" de mauvais augure . Pourtant nous ne le reverrons plus , mais pendant 50 kms nous allons être suivis ou devancés , ou les deux par un ou des policiers en civil , "incognitos" , qui s' arrêtent lorsque l' on s' arrête , puis repartent dés que l' on reprend la route . Ainsi , lors de la pause "petit déjeuner" , sur le bord de la route , en pleine campagne , le type qui nous suivait reste assis sur sa mobylette en face de nous , de l'autre côté de la route , jusqu' à ce que l'on reparte 20 minutes plus tard .


La pauvre Eva a on ne peut plus mal choisi son jour pour avoir un début d' infection urinaire qui l' oblige à s' arrêter en catastrophe sur le bord de la route plus de 20 fois dans la journée , sous la surveillance on ne peut plus indiscrète de notre ange gardien du moment . Et bien sur pour nous inquiéter un peu plus , elle a de la fièvre .


Et , pour que la journée soit vraiment mémorable nous avons droit à la route la plus pourrie de notre parcours , ce qui n'est pas peu dire ! Nous devons en permanence slalomer entre des nids d' autruches sur une route en monte et baisse incessant .


Au bout d' une cinquantaine de kms sans doute changeons nous de district , la surveillance policière s' interrompt , pour reprendre un peu plus tard pendant une dizaine de kms .


Nous avançons tellement lentement sur cette mauvaise route , dans cette journée pourrie qu'il fait nuit quand nous rentrons , après une centaine de kms qui en paraissent beaucoup plus , dans Aunglan ,où nous espérons dormir .


On finit quand même par trouver un hôtel , mais il n'a pas le droit de loger des étrangers . Il nous faut alors trouver le poste de police ou le chef refuse tout d'abord de nous laisser dormir dans la ville . En insistant , sans doute grâce aux enfants , il accepte finalement de nous donner l'autorisation de dormir dans l' hôtel pour la nuit , et , après plus d' une heure passée à attendre nos passeports nous pouvons retourner à l' hôtel , bien sur accompagné d'un policier qui dormira dans la chambre d'à côté .


Ce soir nous sommes crevés , cassés par les secousses de la route , démoralisés même si Eva va mieux . Le poulet à la Birmane est parfois un peu indigeste ...




Bangkok , Thaïlande , le 30 décembre 2011