mercredi 22 décembre 2010

CHAMPASSAK

Le ferry .

















C'est un petit village enclavé entre Mékong et montagne . On arrive à Champassak en traversant le Mékong sur un ferry assez pittoresque . Deux rues parallèles , de belles maisons de bois , d'anciennes bâtisses coloniales , des temples , beaucoup de temples , quelques guest-houses et quelques boutiques .

Champassak connût son heure de gloire du temps de l'Indochine au début du 20 ème siècle . Les villas du roi de Champassak ont , tout comme la plupart des habitations coloniales , perdu de leur superbe , mais elles confèrent à ce village un charme indéniable .

Le lieux nous plait , Manuel et Eva trouvent des copains , alors on s'installe pour quelques jours .
Le matin on guette le passage du boulanger sur sa mobylette , de grands sacs plastiques débordant de baguettes encore chaudes au guidon .
Puis les écoliers en uniformes passent à vélo en direction de l'école , déjà certaines jeunes filles se protègent du soleil sous des ombrelles colorées .
Les moines eux retournent aux temples leurs bols remplis de nourriture . Ils ont parcouru les deux routes du village où de vieilles femmes agenouillées attendent pieusement leur passage pour leur remettre leur pain quotidien : du riz gluant (riz cuit à la Laotienne).
Les tuk-tuks se frayent un passage entre les deux roues en évitant les nids de poules .
Les touristes les plus matinaux se dirigent eux vers Wat Phu .

A une dizaine de kilomètres d'ici , adossé à la montagne , s' étage ce site pré-Angkorien , posé là dans un environnement enchanteresque .

On adore ces vieilles pierres de latérite et de grès noircies par le temps , les racines des frangipaniers qui se faufilent entre les pierres des escaliers et les frontons finement sculptés représentant des divinités hindoues , la religion présente avant que le bouddhisme ne s'impose dans la région .

Hier soir , à l'occasion de la pleine lune , le site s'est illuminé de 4000 lampes à pétrole et des danseurs du ballet national du Laos se sont produits au milieu de ces ruines classées au patrimoine mondial de l'unesco .

Champassak , Laos , le 22 décembre 2010






mardi 21 décembre 2010

FRONTIERE











Le petit poste frontière de Chong Mek , à mi-chemin entre Khong Chiam en Thaïlande et Paksé au Laos est bien tranquille . Peu d'affluence et des formalités rapides pour nous autres occidentaux , une photo d'identité , 30 $ par visa et nous voila en République Démocratique Populaire du Laos .

Le Mékong cesse ici son rôle de frontière naturelle entre les deux pays et poursuit son petit bonhomme de chemin dans le Laos , nous aussi . Un coup d'œil au compteur : un peu plus de 1500 kms pédalés coté Thaï . Nous changeons de monnaie , et si en Thaïlande c'était baht (c'est la monnaie Thaï) , c'est de ce coté ci encore mieux , nous voici millionnaires : avec 100 € nous remplissons notre porte-monnaie d'un peu plus d'un million de kips . Nous changeons aussi notre rétroviseur de coté , au Laos on roule à droite .
Et comme toujours , dés les premiers coups de pédales nous y allons de nos comparaisons . C'est quand même bien plus pauvre ici ! Y'a vachement plus de buffles qu'en Thaïlande , mais nettement moins de chiens , et ça à vélo c'est vachement mieux ... Par contre qu'est ce que c'est anarchique sur la route !

Les gamins à vélo , même à deux sur le même engin , se font un plaisir de nous doubler . Manuel et Eva se prennent au jeu et nous incitent à appuyer sur le champignon ; Eva ne s'est jamais montrée aussi motivée pour pédaler .

Mais le vent de face nous incite à faire halte dans la première guest-house venue . Cinq ou six jolies jeunes filles nous entourent , elles exercent là le plus vieux métier du monde (pour une clientèle Laotienne). Mais les cyclistes qui désirent tout simplement dormir sont aussi les bienvenus .

Champassak , Laos , le 22 décembre 2010

dimanche 12 décembre 2010

ATMOSPHERE , ATMOSPHERE ...

Procession autour du stupa de That Phanom .


Stupa de Nakkon Phanom .


Le stupa de That Phanom à la nuit tombée .


Petit temple mystérieux perdu au milieu de nulle part .


Scène de vie de Bouddha .


Quand le Naga se déguise en Ganesh ...


Drôles de montures ...


Les immigrés de l'ancienne Indochine ont crée de rares ilôts de catholicisme .

Au fil des jours et du Mékong nous savourons des moments paisibles , quotidien fait de soleil et de douceur de vivre . Ce qui nous restera de ce nouveau passage en Thaïlande ce sont surtout des atmosphères , des ambiances .

Certaines de ces atmosphères mettent nos sens en éveil , en alerte même quand elles deviennent inquiétantes , perturbantes devant un danger indéfini , sans doute imaginaire . Ainsi cet endroit précis , là , au bord du Mékong . Il souffle un vent à décorner les buffles , la nature est si sauvagement belle qu'elle semble redoutable . On se sent soudain seuls , trop seuls et trop isolés devant un Mékong en fureur , et l'on décide sans se concerter que non , on ne fera pas halte là pour la nuit .

Il est surtout d'autres ambiances plus apaisantes , où l'on souhaiterait que le temps suspende son vol . Ainsi , à la nuit tombée , seuls devant le stupa de That Phanom illuminé , transportés par les envoûtantes prières des moines s'élevant d'un temple voisin , là , dans cette atmosphère empreinte de religiosité , là , oui , aussi hermétiques que l'on puisse être face à ces rituels , on s'abandonne à son emprise .

Et s'il fallait donner un sens au fait de voyager , mais se soucie t'on de donner un sens à chacune de nos actions ? , enfin s'il le fallait , outre que le voyage reste un formidable antidote à la déprime et à la morosité , le fait de se retrouver à mille lieues de sa culture et de son chez soi pour goûter à ces moments de lévitation dans un lieu étrange et étranger, oui cela donne sens .
Kong Chiam , Thaïlande , le 13 décembre 2010

samedi 4 décembre 2010

DETOURS DE ROUES















































Si j'étais serpent je ne m'aventurerais pas sur la route 212 , c'est suicidaire si l'on en juge au nombre qui y ont laissé leur peau .
Je ne suis pas serpent mais je n'aime pas la 212 non plus . Nous l'évitons donc plutôt par caprice que par crainte . Pour coller de plus près au Mékong , et parce qu' il y a de fait peu de vie sur le bord des grandes routes . La vie nous allons donc la chercher un peu à l'écart .
Les jours vélo , de bon matin , de bonne humeur , enfin , le plus souvent , nous nous lançons à l'assaut des "déviantes" : chemins de terre rouge bordés de bambouseraies ou de bananiers , étroites routes grignotées par la végétation rampante qui se transforment parfois en sentiers agricoles voire même en rizières quand on s'égare et qu'il faut alors faire demi-tour . Petites aventures quotidiennes où l'on ne se perd jamais vraiment : à gauche on tombe sur le Mékong , à droite sur la 212 .
On découvre dans cette région une autre Thaïlande , plus métissée . On va d'étonnements en surprises , ne sachant plus parfois où l'on pédale ... Les chapeaux coniques des moissonneurs de riz qui manient si bien la faucille nous rappellent que des Vietnamiens se sont réfugiés à différentes époques le long du Mékong . Les frêles habitations de paille tressée éparpillées dans un paysage marécageux ressemblent à s'y méprendre à celle des Hmongs Lao . La soupe de nouilles de riz typiquement Laotienne servie dans une gargote ce jour là nous le confirme . On traverse aussi des villages de descendants de Chinois venus du Xishuangbanna au début du siècle dernier ...
Les jours sans vélo , jours d'école et de tourisme , nous profitons du confort qu'offre la Thaïlande aux exigeants touristes Thaïs de Bangkok . Resorts judicieusement placés au bord du Mékong avec de bons restaurants et de super conditions pour les cours de Manuel et Eva qui assurent bien .


That Panom , le 4 décembre 2010


dimanche 28 novembre 2010

LOY KRATHONG

Loy krathong est une bien jolie fête .
Après la saison des pluies , par une nuit de pleine lune , les Thaïlandais remercient la déesse de l' eau , Maë Kongkha de ses bienfaits .
Leurs offrandes , les krathongs , sont de charmants petits bateaux composés de feuilles de bananier , de fleurs d' oeillets d' inde , d' orchidées , de boutons de jasmin , le tout surmonté de bâtonnets d' encens et de bougies .
La nuit tombée petits et grands déposent cérémonieusement leurs krathongs sur les rives des fleuves et rivières .
Les eaux du Mékong , fleuries de krathongs ont cette nuit là brillé de mille feux .
La voûte céleste s' est elle aussi illuminée des milliers de lanternes lâchées après avoir formulé , tout comme pour les krathongs , un voeu .
On s' est laissé nous aussi gagner par la magie de cette fête . A la guest-house , l' après-midi nos hôtes s' affairent à la préparation de krathongs .

Les deux petits farangs sont les bienvenus .









C' est le moment de faire un voeu , et vogue le krathong .

Il est passé où le mien ?


Encore un voeu .





Bung Kla , le 29 novembre 2010




samedi 20 novembre 2010

ALONG THE MEKONG














Ça y' est , on a mis un peu d' ordre dans notre projet et dans nos sacoches . Avec dans la tête l' idée de vivre avec le Mékong jusqu' à Pnom Penh dans un premier temps .


A vélo sur les routes de Thaïlande nous retrouvons tout naturellement des sensations familières et apprécions ce zeste de liberté avec pour seules contraintes celles que l' on s' impose .


Pédaler ici juste pour le plaisir , pour voir sans sembler voyeurs . Sans s' attendre non plus à l' extraordinaire au bout du chemin . Pédaler surtout pour jouer à cache-cache avec le Mékong , choisir nos endroits de pause à son bon gré , se poser pour 2 ou 3 jours là où il est le plus à son avantage , là où de la terrasse qui le surplombe on le voit évoluer au fil des heures . Le meilleur moment à vélo c'est souvent quand on s' arrête ...

Et quand on se mêle à un attroupement sur le bord du fleuve c' est pour essayer de profiter nous aussi de l' apparition du Naga sacré . Mais sans doute faut il croire pour voir ce mythique serpent à sept têtes surgir des flots ...

Pas vu non plus ces petites boules rougeâtres sensées sortir de l' eau à cette période , un phénomène mystico-naturel pourtant observé également par des non initiés .

Toutes les croyances et toutes les légendes locales ramènent inévitablement au Mékong , le plus long fleuve d' Asie du sud-est .

Nong Khaï , Thaïlande le 20 novembre 2010

vendredi 5 novembre 2010

RETOUR PRES DU MEKONG



Bangkok - Nong khaï en train , et en une nuit nous passons de la mégalopole un peu folle , exubérante , excentrique parfois à la petite ville de province assoupie au bord du Mékong .

Une fois de plus les lumières de la ville nous ont éblouis , nous avons trouvé beau tout ce qui brille et étincelle à Bangkok , temples , spectacle de danse classique thaï , ambiance enfiévrée dans khaosan road la nuit d' halloween .

Nong Khaï la thaïlandaise a elle une nonchalance toute laotienne .

Ici , il nous suffit tout simplement de nous installer face au Mékong pour nous émerveiller . Un Mékong tout puissant après malheureusement une saison des pluies trop généreuses . Il est tombé trop d'eau sur la Thaïlande et chez ses voisins avec son cortège de misères : inondations , morts , et des millions de sinistrés , surtout dans le centre du pays .

Dans quelques jours nous commençons le trip vélo le long de ce fleuve .

Nong Khai , Thailande le 5 novembre 2010

mercredi 20 octobre 2010

ESCALE



Kuwait city , Bahrein , Muscat cette fois ci . Des capitales des pays du Golfe où l'on ne fait que poser le pied pour des escales attendues comme des invitations au voyage.

Aéroports ultra-modernes d'où l'on tente d'entrevoir , à travers les vitres d'une salle d'embarquement , un peu de ces terres inconnues .

Vue sur le tarmak de Muscat : atterrissages , décollages , va et vient de minibus transférant passagers et bagages .

Au loin on devine la ville , tache blanche dans un désert poussiéreux désespérément plat .

Voyageurs de tous horizons en transit à Oman nous tuons le temps presque comme dans n'importe qu'elle salle d'attente , paris-match en moins .


Assise juste en face de nous , une famille locale . Les hommes portent l'habit traditionnel , jellaba légère assortie au couvre-chef brodé de motifs floraux . Classes . Les petits garçons sont eux vêtus à l'occidentale . La maman , jeune femme rayonnante est toute de noir drapée et voilée , mains fines , un très beau visage , très princesse du désert .

Objets de curiosité réciproque nous nous observons discrètement en nous souriant .

Nous guettons ensembles l'entrée de nouveaux arrivants . D'où viennent-ils ? Que vont ils faire à Bangkok ? Tourisme soleil , sexuel , médical , bizness ?


Et ces quatre jeunes qui font leur entrée , de quelle tribu sortent ils ? Non vraiment la femme d' Oman jamais elle n'avait imaginé que ça pouvait exister des looks pareils ! Quel exotisme ! Elle les regarde d'abord les yeux écarquillés puis se met à rire d'un rire silencieux incontrôlable qu'elle tente de dissimuler derrière ses mains . Un de ces jeunes Allemands a le visage criblé de piercing , des cheveux qui tiennent debout tous seuls , un autre est coiffé d'un casque de cuir , lunettes d ' aviateur sur le visage et tous sont couverts de tatouages .


Mais voila qu'arrive déjà le moment d' embarquer , en route pour Bangkok !

dimanche 17 octobre 2010

DEPART




A chacun de nos départs elle nous disait : " Que dieu vous protège ! " , et surement que ses prières nous accompagnaient chemin faisant à l'autre bout du monde .

A chaque retour nous la retrouvions aussi alerte , l'esprit aussi vif , les yeux aussi pétillants . On en oubliait que la vie ne dure pas toujours .

Le 11 septembre dernier elle est partie , vulnérable , sur sa bicyclette , pour son dernier voyage .

A l'heure d'un nouveau départ c'est l' âme en peine que nous prions la petite étoile qui brille tout là haut dans le ciel de continuer à veiller sur nous .

Adieu Maman , adieu Mamie , tu nous manques ...

dimanche 21 juin 2009

LA MAUVAISE REPUTATION
















































"Si une vague gigantesque recouvrait la surface du globe et que seul le Vietnam demeurait hors de l' eau je préférerais nager plutôt que d' y vivre ."
Avertissement écrit d' un feutre rageur sur la première page d' un guide "lonely planet" feuilleté à Kunming . Ajouté à tous les mauvais échos recueillis de ci de là , ça vous donne drôlement envie d' aller affronter les Vietnamiens !
On les imagine volontiers belliqueux : ils ont stoppé net dans leur élan les Mongols , viré les Français , triomphé de l' impérialisme Américain , et plus récemment donné une leçon au puissant voisin Chinois .
Et bien finalement non , nous n' aurons pas besoin d' apprendre à nager .
Je ne pense pas que l' on soit "bénis oui-oui" , du genre tout le monde il est beau tout le monde il est gentil , mais pour nous , s' inviter dans un pays c' est être prêt à faire un effort pour tenter d' oublier ses notions de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas . Pour être heureux et à l' aise ailleurs il faut accepter d' être dérangés , bousculés dans ses habitudes et surtout dans ses certitudes .
L' Asie du sud-est est déconcertante à bien des égards , sa diversité ethnique nous surprend , ses moeurs nous étonnent , mais ce qui nous frappe le plus c'est l' énergie que dégagent ces peuples dans ces pays en plein élan économique . Le Vietnam concentre peut être à lui seul ce trop plein de vie . C' est grouillant , bordélique , bruyant , anarchique , sacrément vivant quoi ! Ça déborde de vie sur les routes , les marchés et plus encore dans les rues d' Hanoï .
Le quotidien de beaucoup de Vietnamiens semble être une lutte pour gagner quelques dongs , et , quand dans la rue un conducteur de ricshaw-vélo nous hèle pour nous conduire quelque part c' est qu' il a besoin de travailler , quand la marchande de fruits qui trottine toute la journée à travers les rues encombrées d' Hanoï tient si fort à nous vendre un bouquet de litchis ce n' est pas pour se payer un home cinéma dernier cri ... Toutes ces sollicitations sont vues comme des agressions par pas mal de touristes , mais qui agresse l' autre , celui qui promène ostensiblement sa richesse ou celui qui tente sa chance ?
Et ce ne sont pas quelques tentatives d' arnaque qui vont obscurcir notre vision du Vietnam , on trouve les Vietnamiens petits joueurs en la matière , il y a beaucoup plus coriaces ailleurs . Le Vietnam que l' on n' avait pas envisagé pour ce périple se révèle une belle surprise , la cerise sur le gâteau de ce voyage en quelque sorte .
Venant de Chine tout nous semble simple ici . Les Vietnamiens utilisent les caractères de l' alphabet latin , et rien que de pouvoir lire une indication de direction , "nha nghi" pour hôtel ou "thit cho" pour restaurant ou l' on sert du chien , ça facilite le quotidien . Sans compter que pas mal de gens parlent anglais , voire même français .
Facile , beau et étonnant .
Sapa et ses Hmongs noirs assis sur les marches de l' église blanche de cette petite station climatique crée par les Français du temps de l' Indochine .
Bac-Ha où l' on se laisse entraîner dans un tourbillon de couleurs , déambulant au milieu des Hmongs fleur lors du marché du dimanche .
Les routes sinueuses du Tonkin où l' on côtoie camions au klaxon strident , scooters kamikazes , motos et vélos surchargés et toujours , pour notre plus grand plaisir , les buffles impassibles .
Hanoï où l' on entre facilement à vélo , à la droite d' un flot de scooters . Hanoï et ses rues bondées , encombrées , ses trottoirs où le piéton slalome difficilement entre les scooters garés là , les gargotes de plein air , les petits étals de toutes sortes .
Le vieil Hanoï plein de charme avec ses maisons décrépies , ses arbres centenaires ( ah les banyans géants près des temples ! ) et surtout ses vendeurs ambulants courant les rues la palanche lourdement chargée sur l' épaule .
Et bien sur la baie d' Along que l' on rêvait de voir un jour .Qu' il est mystérieux et féerique de naviguer entre ses îlots .
Voila , le voyage touche à sa fin , nous rentrons la tête pleine d'images .
Hanoï , Vietnam le 21 juin 2009