jeudi 16 avril 2009

QUAND L' HOMME TUTOIE DIEU

































Il est des " Mondes " où l' uniformité n' a pas encore sévit , où des " Indiens " persistent à se distinguer . Peut être voyager c' est aussi quémander ces parcelles d' authenticité . A nous autres en quête perpétuelle de ces différences , le Yunnan offre encore plus que nous l' espérions .Voyeurs , voleurs d' images , nous courons les marchés de campagne . Ici ce sont comme souvent les femmes qui affirment de fort belle manière l' identité de chaque groupe ethnique , parées de leurs magnifiques tenues traditionnelles . Elles vendent le contenu de leurs hottes étalé là à même le sol : légumes , fruits , volailles ... Les hommes profitent de la sortie pour se ravitailler en tabac , puis ramènent en laisse les petits cochons qu' ils ont âprement marchandés .
Conscients d' être face à un monde appelé à disparaître , nous aimerions garder à jamais ces images dans un petit coin de notre mémoire .
Le Yunnan à vélo c'est beau , vraiment beau . Rien que du beau !
Une nature sauvage , montagnes recouvertes de forêts denses à l' infini , rivières émeraudes noyées dans un gouffre de verdure .
Mais surtout la montagne domestiquée , façonnée par ces artisans de la terre que sont les paysans Yunnans . Arqueboutés sur ces pentes , armés de simples pioches ils bâtissent encore ces terrasses en espalier où s' étageront les plantations de thé . Nous ne nous lassons pas d" admirer ces théiers alignés , taillés , verts rubans enlaçant la montagne à vous donner le tournis . Ici le moindre carré de terre cultivé mérite le coup d'oeil : toujours cette perfection , cette finition parfaite .
Et puis surtout il y a les rizières . Un des plus beaux paysages que nous ayons vu , peut-être le plus touchant . Comment ne pas s' émouvoir devant ces tableaux que forment les rizières dans la région de Yuanyang ? Vues plongeantes vertigineuses sur des patchworks de vasques en contrebas . Vasques en terrasses , ondulantes , dégringolant de la montagne . Miroirs scintillant sous le soleil , après la pluie le vert et le safran se mélangent dans une déclinaison de pastels très douce . Il y a quelque chose de divin dans ce paysage , oeuvre de générations de simples humains . Peut-être ont ils voulu , au fil des siècles , marche après marche , se rapprocher des cieux ?
Le riz nourrit encore la Chine , et la machine n'a toujours pas sa place sur ces pentes escarpées , alors on voit le paysan retourner la terre détrempée avec sa charrue rudimentaire tirée par le buffle . Les paysannes alignées plantent en rythme le riz , reculant d' un rang dans un même mouvement . L' eau est détournée , canalisée , distribuée , puis retenue de mille façons ingénieuses .
Et l' on se sent parfois ici au bout du monde .
Yuanyang , Yunnan , Chine le 16 avril 2009

















mercredi 18 mars 2009

NON MERCI , PAS DE HOT-DOG S' IL VOUS PLAIT











C' est au flair que nous choisissons nos restaurants .




A Mengla nous avons vite repéré cette petite cantine aux chaises colorées , avec sa grande vitrine donnant sur la rue , et surtout son assortiment de plats préparés dans des bacs . C' est simple , il suffit de pointer du doigt celui qui fait frétiller nos papilles .




Allumettes de courgettes avec petits cubes de viande , choux chinois et émincé de viande , et bien sur à chacun son bol de riz . On feint de ne pas remarquer tous les regards braqués sur nous , mais ça ne nous rend guère plus habiles avec nos baguettes ... On se détend , on plaisante sur la nature de la viande dans nos assiettes . Du porc ? Mais non , du museau de chien , ah , ah , ah !




Mais passent sur le trottoir juste à coté de la fenêtre près de laquelle nous sommes assis deux types transportant une carcasse écartelée plutôt suspecte ... Un coup d' oeil aux pattes de l' animal : elles se terminent par des coussinets ! Et quand ils s'engouffrent avec leur viande fraîche dans l' entrée des cuisines , on rit jaune . " Tu es sure , tu as vraiment vu des coussinets ? "




Si dans le cochon tout est bon , il semble bien que pour le chien il en soit de même , puisque pour nous enlever tout doute arrive un troisième larron avec entre ses mains la pièce à conviction . Est ce à cause de notre regard perplexe , il lâche la tête du chien qui roule sur le trottoir à guère plus d'un mètre de notre table ! Et le type de ramasser la dite tête , gueule grande ouverte pour s'amuser à effrayer un gamin qui passe dans la rue .




Dis , comment on dit " végétarien " en Chinois ?




Depuis , sur la route , c' est avec encore plus de flair que nous choisissons nos restos .




Nous allons aux cuisines et , devant les étagères de légumes frais , nous montrons ceux que nous voulons voir cuisinés .




On nous sert chaque légume préparé d' une façon différente , avec un grand plat de riz et une théière de " tuocha " , et c' est invariablement excellent .




Curieusement , allez savoir pourquoi , nous n' avons pas eu envie de manger de viande depuis Mengla ...




On a parfois du mal à dépasser ses frontières culturelles .




Yunnan , Chine ,le 18 mars 2009












mardi 10 mars 2009

FAMILLE NOMBREUSE , FAMILLE HEUREUSE ,

















































Il y a peu de routes au Laos , mais si l' envie vous prend de ne pas suivre le chemin tout tracé , la nationale 13 , les routes fluviales sont là pour une petite bifurcation , sans toutefois perdre le nord .



A Luang Prabang , charmante petite ville , ancienne capitale d'un royaume Lao , nous avons retrouvé le Mékong , et , au fil de l'eau , nous avons rejoint Pakben . Journée de contemplation à contre-courant sur ce fleuve aux eaux calmes et boueuses . Parfois sauvage , bordé de forêts tropicales touffues , impénétrables , hérissé d' îlots aux rochers tranchants , toujours nourricier pour les villages le surplombant , dont il est le plus souvent la seule voie de communication . Petits potagers sur des berges sablonneuses , gestes répétitifs et ancestraux du pêcheur sur sa pirogue qui lance son filet , de la femme qui écope , de l'orpailleuse qui tamise inlassablement le sable . Pas d' agitation démesurée , il fait chaud . Les buffles bienheureux ne laissent paraître que leur tête dans cette eau scintillante sous le soleil de midi . Et quand le bateau aborde pour descendre un passager rentrant de la ville , des villageoises s' approchent proposant aux passagers petits poissons grillés enfilés sur des brochettes de bambou , oiseaux séchés ou encore écureuils morts à préparer soi-même . A chacun sa friandise .



De Pakbeng part une route comme on les aime : très peu de circulation , une vallée enserrée entre des falaises abruptes , forêts tropicales à la verticale . Puis la vallée s' élargit , les villages se font moins misérables .
Mais toujours ces nuées d'enfants . Bébés au sein , bébés portés dans le dos , bébés dans les bras . Enfants les fesses à l' air jouant dans la poussière ou joyeux s' aspergeant dans la rivière . Enfants ployant sous le poids de hottes trop lourdes , enfants partant au champs la machette à la main . Enfants moinillons drapés de orange , enfants chanceux qui vont à l' école .


Enfants qui s' agglutinent par dizaines au bord de la route à notre passage , amusement ponctué de " sabaïdee , sabaïdee ! " Petites mains qui saluent , Maman agitant la main des bébés .



Enfants jamais mendiants , jamais enquiquinants ou belliqueux .


Dans deux jours nous quitterons à regrets le Laos , notre visa prend fin . Juste le temps de rejoindre la Chine , pays de l' enfant unique .


Oudomxaï , Laos le 10 mars 2009

mercredi 25 février 2009

TOUT LAO















































Après avoir longé le Mékong rive droite , puis passé le " pont de l'Amitié " nous arrivons à Vientiane , capitale de la République Populaire Démocratique du Laos .
Les enseignes " La carterie du Laos " , " Champs-Elysées Tailleur " , " Mon petit cochon " en témoignent , les Français sont passés par là . Il flotte encore sur Vientiane , petite ville assoupie , un parfum d' ancienne colonie , surtout le soir quand le centre ville est livré aux seuls touristes , hormis les quelques Laotiens qui servent dans les restaurants .
Nos papilles apprécient la baguette fraîche et craquante , les croissants , le saucisson .
Nous visitons des temples défraîchis juste ce qu' il faut pour les rendre charmants , des musées , puis nous quittons Vientiane avec 2 mois de visa Chinois en poche , et une épaule qui se rétablit peu à peu au prix d' exercices quotidiens , curieux de découvrir le Laos .


Cette fois pas de chemins de traverse , nous emprunterons jusqu' à la Chine la Nationale 13 qui ne ressemble , heureusement pour nous , pas plus à une nationale que Vientiane n' a des allures de capitale .


Après 2 jours de pédalage , abattus par une chaleur étouffante inhabituelle à cette période ( à Ayutthaya nous avions eu une vague de froid ! ) , nous rentrons dans Vang Vieng .
En traversant la rue principale de ce village nous avons tout d' abord envie de fuir . Toutes les habitations sont transformées en magasins , guest-houses ou restaurants , et de chaque restaurant sortent les rires enregistrés de la série " Friends " diffusée PARTOUT en boucle sur de grands écrans indispensables pour attirer les touristes . Il est 10 heures du matin et des centaines de jeunes Anglo-Saxons , principalement des Australiens , sont avachis sur des coussins , un air béa de contentement , l' oeil rivé sur l' écran en prenant leur petit déjeuner , puis leur déjeuner puis leur dîner ... Bienvenue dans le meilleur des mondes ! Le bonheur est bien de regarder ensemble dans la même direction .
On se pose quand même , et puis on s' habitue . Car le lieu est joli : montagnes , rivières , grottes . Mais on reprend la route demain , des fois que ce serait contagieux . Non , au secours , je ne veux pas être lobotomisé !
Vang Vieng , Laos le 25 février 2009

mardi 10 février 2009

LA THAILANDE D' EVA



















En Thailande ,c'est plein de choses surprenantes pour moi .

Le temple Khmer de Phimai était merveilleux avec ses frontons sculptés .

Les temples Bouddhistes actuels sont eux très colorés , et parfois amusants , avec des animaux géants en béton , comme le grand chien que j'ai vu au bord d'une piste .

Dans un parc national j'ai vu un chantier de fouilles où on a découvert des os de dinosaures , dont ceux de l'ancêtre du tyrex . Ce qui m'a beaucoup plu ce sont les reproductions de dinosaures grandeur nature , surtout ceux qui sont animés .

J'aime bien aussi quand on trouve une piscine , parce qu'ici il fait chaud .

La Thailande est mon pays préfèré !

Nong Khaï , le 10 février 2009

jeudi 5 février 2009

LES CHEMINS DE TRAVERSE


























































C'est à l'heure où les moines partent quémander leur nourriture que nous prennons la route .

Les yeux encore embués de sommeil nous profitons de ces heures bénies où il fait frais et où la nature s'éveille . Les innombrables chiens nous regardent passer d'un air nonchalant , les paysans conduisent leurs troupeaux de buffles ou de vaches brahmanes dans les champs de riz moissonnés . Les coupeurs de canne à sucre commencent déjà à s'activer pour remplir ces petits camions que nous allons croiser tout au long de la journée . La récolte du manioc bat également son plein et fournit l'autre bataillon de camions avec lesquels nous devons partager la route .

En file indienne nous nous mêlons à la Thaïlande qui se lève tôt . Pédaler plus pour gagner plus de kilomètres ...


Si vers 8 heures nous traversons une petite ville , nous sommes alors pris dans un flot de scooters qui déversent les collégiens dans leurs écoles .

Dans chaque village des exclamations de surprise et d'amusement fusent au passage de notre caravane , accompagnées de ces magnifiques sourires qui éclairent notre chemin .



Quand on s'arrête pour une pause nescafé frappé - lait de soja glacé Manuel se cache derrière un air renfrogné pour parer aux attaques de bisous lancées par les jeunes femmes présentes . Plus câline Eva se prête elle avec plaisir à ces débordements d'affection ponctués de " beautiful , beautiful ! "



Le midi on trouve toujours un petit restaurant où nous mangeons la plupart du temps du " khao phat khai " ( riz frit avec du poulet sauté ) : c'est le seul plat que nous sommes capables de commander de façon compréhensible ... Fort heureusement , nous aimons bien le " khao phat " .


Dans cette Thaïlande que nous traversons en zig-zag de petites routes en petites routes , pas de touristes . Nous croisons pourtant quelques occidentaux agés qui vivent là . Ils ont succombé au charme de jeunes et jolies Thaïes parties " travailler " à Bangkok et qui reviennent ensuite à leur village accompagnées de leur conquête .



Nous suivons une route à priori sans intéret , ce qui en fait tout l'intéret .



Quand le soleil est à son zénith et que nous passons près de l'un de ces nombreux " love motel " que l'on trouve partout , même en pleine campagne , nous nous arrêtons alors , prennant un bungalow non pas , comme la plupart des clients pour 3 heures , mais pour la nuit . Le lit est en général assez grand pour nous 4 , et l'air conditionné permet aux enfants de passer l'après-midi au frais pour faire les devoirs , lire ou jouer .



Après 3 semaines de pédalage quasi quotidien au travers de l'Isan depuis Ayuttaya jusqu'à Chiang Khan nous voila sur les rives du Mékong que nous allons longer pour rejoindre le Laos .


Chiang Khan , Thaïlande , le 5 février 2009

jeudi 22 janvier 2009

SEPT ANS DE REFLEXION

"On croit faire un voyage , mais c'est le voyage qui vous fait ... ou vous défait " . L'usage du monde , Nicolas Bouvier .


Ca y ' est , c ' est aujourd'hui ! Entre Ayutthaya et Lopburi , en Thailande . Encore quelques mètres et on le tient , LE 100.000 ème kilomètre de voyage à bicyclette .

Le 30 juin 1993 , premier coup de pédale , nous quittons Les Touches pour rejoindre l ' Inde via l ' Afrique du Nord , avant de rentrer par l'Europe . Puis la traversée des Amériques , trois années depuis la Terre de Feu jusqu ' en Alaska . Sept autres périples , en famille cette fois , ont suivi . Plus de sept années de voyage à vélo au total , dont deux et demie avec les enfants , près de trois pour Manuel qui a parcouru le Canada et l'Alaska dans le ventre de sa Maman .

Au cours de ces sept années nous avons traversé quarante pays , en deux jours seulement pour le Belize , en près d 'un an pour l'Argentine au cours de deux voyages différents . Nous sommes revenus à cinq reprises en Turquie , nous l 'avions déjà visitée trois fois auparavant . Nous sommes restés trois mois à Aréquipa au Pérou , chez Susana , Julio et leur fille Silvana , faisant connaissance avec " Crêche d'Aréquipa ".

Nous avons pédalé à près de 5000 mètres d'altitude dans les Andes et à -400 mètres à la Mer Morte . Connu des températures allant de -20 degrés la nuit sous la tente dans l 'altiplano Argentin à 49,5 degrés ( c'est précis car c ' était un record pour eux aussi ! ) à Rawalpindi au Pakistan . Décongelé les bouteilles d'eau pour préparer le petit déjeuner dans les Andes et bu jusqu'à 10 litres chacun par jour en traversant le désert du Balouchistan en Iran .

Parcouru une étape de près de 200 kms dans le Sud Algerien . Grimpé une côte de 120 kms de long pour passer de l'Océan Pacifique à la Cordillère Blanche , à 4000 mètres d'altitude , dans le nord du Pérou . Flirté avec 65 kms de précipices sur la " ruta de la muerte " en Bolivie pour descendre de 4000 mètres . Lutté contre un vent demoniaque dans la Pampa , poussant parfois nos vélos dans le ripio même sur du plat . Mais parcouru sans efforts la Libye grâce au vent d'ouest . Traversé des villes folles , folles , folles : Mexico , Lima , Le Caire .

Subit des centaines de crevaisons , changé des dizaines de pneus , cassé plusieurs jantes . Peu de chutes , gravité, pas d ' accidents .

Quelques grosses frayeurs , oui ... L'attaque de l'ours au Canada . Le passage à tabac dans les rues de Buenos Aires . Les dents de Marie f'en fouviennent encore ... Et surtout ce révolver sur la tempe une nuit de bivouac dans l'est de la Turquie .

Mais tellement de moments merveilleux , jubilatoires : l'arrivée près des pyramides six mois aprés notre départ de la maison , le passage de la ligne de l ' équateur en provenance d 'Ushuaia , puis du cercle artique polaire 1000 jours après le départ .

Des sites fabuleux : Angkor au Cambodge , Tikal au Guatemala , le Nemrut Dag en Turquie .

Des pédalages sublimes bien que difficiles en Patagonie , sur l 'altiplano Bolivien ou sur la Karakorum Highway au Pakistan .

Des bivouacs de rêve dans les dunes du Sahara , sur le Salar d'Uyuni , près du glacier Perito Moreno en Argentine .

Et puis des rencontres par centaines , des sourires par milliers , des gens incroyablement accueillants ,génereux , des visages plein la tête . Susana et Julio au Pérou , Griselda et Modesto en Argentine , Florencio , Teodora et notre filleule Corina en Bolivie , Luis et Silvana en Equateur , Maria Rosa en Colombie , la famille Patino au Panama , Trinidad au Costa Rica , Heber et Olga au Mexique , Tina aux Etats Unis , Judy au Canada , Francois au Nunavut , Mahent au Maroc , Diana et Philippe en Autriche , Alexandru et Elena en Roumanie , Yahia et son père Ahmed en Jordanie , Samir et sa famille en Syrie , Lara en Turquie , Serge et Ivana en France et en Argentine et tant d'autres encore , la liste serait trop longue pour tous les citer . A vous et à tous les autres , MERCI POUR TOUT !

Une pensée enfin pour tous ceux qui en France rendent possibles ces voyages , notamment mon frère Didier . Pour Béatrice , l'initiatrice de ces périples , rencontrée dans une guest house en Inde , cette même guest house où se trouvait également Coco avec qui nous avons fait nos plus beaux treks , dont le tour des Annapurnas . Pour Tina, partie pédaler dans le ciel . Et pour Yves , alias Koutour , l'Ami de toutes ces années vélo passées et à venir.

Car le plus beau voyage commence demain . C'est une page blanche à écrire
.
Lopburi , Thaïlande , le 22 janvier 2009 .

JE ME SOUVIENS

Je crois que j 'aime plus le voyage que le vélo . Mais le voyage que je préfère c'est le voyage à vélo .

J 'aime aller vers l ' inconnu , mettre des images sur les noms qui me font rêver , me donner l ' illusion d ' arrêter le temps .

Je crois aussi que j ' ai besoin de mériter les choses , les rencontres ...
Cent mille kilomètres... Je regarde dans mon rétroviseur et je me souviens ...

Je me souviens quand "nous" c ' était " toi " et " moi " . Nous voyagions légers , insouciants , inconscients parfois , intégristes du " tout à velo " toujours .

Je me souviens de notre immersion en terres d ' Islam , dix pays du Maroc au Pakistan , où l ' appel à la prière du Muezzin nous ravissait dans l'un , nous irritait dans l ' autre .

Je me souviens intensément de trois années sur la route à travers les Amériques , et plus intensément encore des " haltes " , ces moments de partage qui ont donné tout son sens au plus " lindo " de nos voyages .

JE ME SOUVIENS DE VOUS . Et si je préfère ne nommer aucun d ' entre vous c'est juste par crainte d ' en oublier . Deux exceptions cependant : j 'ai une affectueuse pensée pour Corina de Potosi qui va fêter ses " quince " (ses quinze ans) dans quelques jours . Et une pensée émue pour Tina , " l ' artiste à vélo " qui nous annoncait il y a un an son changement de Monde dans une belle lettre " from Heaven " .

Je me souviens de noms qui m'ont fait rêver : Sahara , Himmalaya , Istambul , Jérusalem , Esfahan , Persépolis , Angkor , Taj Mahal. ... Autant de merveilleuses merveilles qui nous ont émerveillés .

Je me souviens que c'est toi Dominique qui m'a entrainée vers les Amériques . La Patagonie , les Andes , le glacier Perito Moreno ,Tikal , la Baja California , Brice Canyon ... Si mes rêves sont encore tournés vers l ' Orient , mon coeur penche à présent vers l 'Amérique Latine .

Je me souviens avec beaucoup de nostalgie de notre premier voyage en famille , six mois pour un merveilleux Tour de France . Eva , radieuse fêtait son premier anniversaire dans le Doubs . Aujourd'hui , après une vingtaine de pays parcourus avec Eva et Manuel , je ne me souviens pas les avoir entendus une seule fois maudire leur sort.

Allez , en route vers le Mékong ! Tiens , ce nom là aussi me fait rêver ...

jeudi 1 janvier 2009

HAPPY NEW YEAR 2552 !!!

























Bangkok . On s'est posés au "rajdamnoen hotel" . On a posé dans un coin de la chambre nos vélos , posé le sapin sur le bureau .

Et on attend...

Dominique se rend chaque matin au "BNH hospital" où il rééduque à grands coups de "physical therapy" ("torture" in french) une épaule récalcitrante (adhesive capsulitis , my dear) . Bref une saleté de tendinite !Pendant ce temps , école pour Manuel et Eva , avec Marie dans le rôle de la persécutrice .

Bangkok c'est pollué , bruyant et grouillant .Tout ce que l'on déteste... Mais curieusement , on s'y sent bien ! Des quartiers surprenants à découvrir , des temples fabuleusement kitchs , des marchés colorés où flâner .

Deux semaines que l'on regarde vivre la ville , s'animer "khaosan road" le soir quand s'installent les marchands ambulants qui proposent sur leurs chariots une variété de plats délicieux , brochettes , soupes , pâtes de riz sautées... Nous prenons notre place dans cet embouteillage de farangs (étrangers) en mal d'exotisme , mélange hétéroclite de touristes (quel festival de looks !) qu'interpellent de jolies serveuses en tenues légères . Mention spéciale pour celle en tenue léopard (il semblerait qu'elle officie aussi dans la "physical therapy") . Sans même boire les "strongs cocktails" on sort groggys de la rue , étourdis de musique , non sans avoir auparavant rendu visite à notre marchande de "bananas pancakes" favorite . Et chaque soir on y retourne !

On est bien à Bangkok . Mais dis , quand est-ce qu'on va où ?

Meilleurs voeux à tous pour cette nouvelle année qui commence . Que 2552 soit pour vous pleine de bonheur . Eh oui , les Thaïs , bouddhistes , ont 543 années et 6 heures d'avance sur nous...

Bangkok le 1er janvier 2009